Steve Jobs d'accord avec Bill Gates: le DRM (en français: Gestion Numérique des Droits) devrait être abandonnés
Par Patrick Valentin, dans NetÉconomie -# 94 - Fil RSS
Peut-être vous rappelez-vos un article de décembre dernier, relatant une conférence de Bill Gates durant laquelle le grand patron de Microsoft avait fustigé la fameuse norme DRM (Digital Rights Management) en expliquant à son audience que selon lui, la meilleure façon d'utiliser sa musique numérique est d'acheter et de ripper des CD (ce qui évite tous les problèmes liés au vérouillage et au contrôle des copies numériques des morceaux numériques), et qu'il était obligé de les utiliser à contre-coeur dans son nouveau produit nommé Zune, un balladeur numérique concurrent de iPod.
Il n'aura fallu attendre que quelques mois pour entendre à son tour Steve Jobs expliquer son désir de voir disparaître la norme DRM, ce qui consituerait selon lui "clairement la meilleur alternative pour les consommateurs, et serait immédiatement mis en oeuvre par Apple sur iTunes et les iPods"
Avant d'aller plus loin, une petite définition des DRM s'impose pour bien comprendre la problématique. Selon Wikipedia, la Gestion Numérique des Droits (en anglais: Digital Rights Management) a pour objectif de contrôler par des mesures techniques de protection l'utilisation qui est faite des œuvres numériques. La technique se voulant suffisante et nécessaire au contrôle, elle prévoit par exemple de :
- rendre impossible la consultation d'une œuvre hors de la zone géographique prévue (les zones des DVD) ;
- rendre impossible l'utilisation de matériel concurrent pour consulter une œuvre (incompatibilité des verrous appliqués aux formats musicaux, comme ceux de l'iTunes Store) ;
- rendre impossible la consultation d'une œuvre selon ses préférences (désactivation de l'avance rapide sur certains passages publicitaires de DVD) ;
- limiter ou rendre impossible le transfert des œuvres d'un appareil à l'autre (limitation de la copie) ;
- rendre impossible l'extraction numérique de passage de l'œuvre.
Tendance voisine, l'interdiction légale de contourner ces limitations techniques est de plus en plus largement adoptée (DMCA aux États-Unis, DADVSI en France) car elle a fait l'objet d'un accord international. Ces lois provoquent d'intenses débats car elles interdisent la production de matériel et logiciel contournant les limitations, y compris pour proposer des moyens innovants et respectant les droits d'auteur, d'utiliser les œuvres (comme par exemple l'excellent DRM Dumpster, qui ne fait qu'enregistrer -en toute légalité- en fichiers non protégés la musique qui joue sur votre ordinateur à partir de fichiers légalement protégés...).
En bref, Jobs à surenchéri sur la critique de Bill Gates en expliquant que la seule raison pour laquelle la musique achetée sur iTunes n'était jouable que sur des iPods était que cela était imposé par les maisons de disques. "Si les quatre grandes maisons de disques acceptaient d'oublier leurs exigences en matière de DRM, Apple vendrait uniquement de la musique sans DRM dans son magasin iTunes".
Jobs a aussi dit qu'il pensait que les DRM étaient un outil inefficace, soulignant que les maisons de disques devaient comprendre que "les DRM n'ont pas été efficace, et pourraient bien ne jamais l'être dans la lutte contre le piratage de la musique".
Personnellement, je dirais que si Bill Gates et Steve Jobs sont tous les deux d'accord en ce qui concerne l'abandon d'un standard électronique, il se pourrait bien que ce dernier voit son espérance de vie diminuer dangereusement... ou alors les temps ont décidément bien changé...






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